Un peu d’histoire

L’association ANTHÉN a pris racines dans le mouvement des Stylos Rouges.

Voyant de nombreux commentaires ayant trait à la situation des personnels de l’Éducation nationale handicapés ou atteints d’une maladie invalidante sur la page Facebook nationale des SR, un des membres de la direction collective de notre association a pris l’initiative de lancer une page spécifique sur Facebook : Stylos Rouges groupe national « Parlons handicap et ALD ». C’était en avril 2019.
Très rapidement, plusieurs collègues se sont greffé(e)s à la démarche et ont commencé à échanger sur la page.

Notre initiative, si elle n’a pas fait, à l’époque, l’unanimité, sans doute parce que certains collègues administrateurs nationaux n’ont pas bien conscience de la réalité vécue par les « H&A » (handicapés et ALD), a néanmoins trouvé l’écoute d’une partie de la direction des SR du début du mouvement qui se sont dit « eh bien, on n’y avait même pas pensé »…
C’était la fin de la rédaction du Manifeste des SR qui devait être présenté au Ministère un peu plus tard.
En 8 jours, un petit groupe, d’une vingtaine de nos membres, s’est mis au travail pour rédiger la partie du manifeste consacrée aux « H&A ». Elle se trouve dans la partie « archives » du site internet.

Une organisation est née, à partir d’un appel à volontaires, pour animer et diriger le groupe.
A l’époque, il était composé de Fanny Burillon (académie d’Amiens), Marie Montiel (académie de Bordeaux), Florence Dumas-Castets (académie de Bordeaux), Emeline Pongrácz (académie de Rennes), Claire Reiser (académie de Strasbourg)  et Raphaël Descamps (académie  de Limoges)

Le groupe H&A, comme nous l’appelons en abrégé, entre nous, a très rapidement grossi et a mené ses premières actions.
– l’interpellation des parlementaires siégeant dans les groupes éducation – culture à l’Assemblée et au Sénat, ainsi que celle des Présidents des groupes parlementaires pour refuser les heures supplémentaires dans le second degré au moment où le Ministre Blanquer faisait voter une seconde HS obligatoire.

Ce fut la première extériorisation des collègues car le courrier aux élus fut signé par des membres de beaucoup d’Académies.
Un Sénateur rédigea même une question écrite à l’adresse du Ministre de l’Éducation nationale.

– Il y eu, ensuite, un journal contenant nos revendications et des témoignages, adressé aux 900 parlementaires grâce, ici encore, à une exceptionnelle mobilisation de nombreux-ses collègues du groupe.

Le Ministre fut interpellé par plusieurs Députés et Sénateurs et nous savons qu’il connait notre situation et nos revendication. Sa porte est, parait-il ouverte, mais son téléphone, lui, est en sommeil.

– Celui de la Secrétaire d’État chargée des personnes handicapées est également aux abonnés absents puisque nous attendons, toujours, un accusé de réception de l’envoi de notre journal en contribution à l’opération de communication lancée par le gouvernement : la consultation « Grande Cause Handicap »,


La presse n’a pas beaucoup parlé des SR pendant longtemps et le peu qui a été dit a été le dénigrement de l’action de blocage des corrections du Bac en fin d’année scolaire.

En cette rentrée un sujet a trouvé grâce à ses yeux : l’école inclusive.
Si nous ne pouvons que nous féliciter que la situation des élèves handicapés soit, enfin, mise à l’ordre du jour, nous constatons qu’elle s’est faite aux forceps, méprisant au passage la situation des AESH qui sont devenus des personnels taillables et corvéables à merci pour des salaires de misère.

Mais l’école inclusive a carrément oublié une partie de ceux qui auraient dû, également, depuis longtemps, retenir l’attention de nos gouvernants.
Les personnels enseignants et non enseignants de l’Éducation nationale, atteints par le handicap ou une maladie invalidante sont bien les dernières roues de la chariotte.


La somme de témoignages que nous avons recueillis et qui continuent à pleuvoir comme à Gravelotte, nous ont montrés, depuis un moment, qu’il fallait donner une autre ampleur à notre action.
L’enquête sur les récrimination des collègues vis a vis de l’administration a également été lourde d’enseignements.

Cette autre ampleur nécessaire, sur laquelle le groupe d’animation et de direction du groupe national « Parlons handicap et Ald » a travaillé une partie de l’été, prend aujourd’hui la forme d’une Association Nationale.
Nous étions une vingtaine au démarrage, en avril; 500 en juin.
Notre page frise avec les 700 participant-e-s au lancement de l’Asso.
Si les collègues veulent que les choses changent, il n’y a pas d’autres solutions que de renforcer notre démarche en adhérant à ANTHÉN.

Qu’on nous entendent bien ! Il n’est pas dans notre objectif de remplacer les organisations syndicales ou les délégués du personnel.
Nous travaillerons avec eux pour les informer des situations et pour qu’ils continuent à défendre les personnels.

Nous travaillerons aussi, de concert, avec les autres associations qui se préoccupent du handicap, hors le champ de l’Éducation nationale.
Mais nous entendons bien faire raisonner notre voix partout où la situation de nos collègues n’est pas prise en compte, partout où les textes ne sont pas respectés, partout où subsistent des discriminations ou des attitudes vexatoires envers nos collègues frappé(e) par la maladie ou le handicap.

Il faut qu’on nous écoute…
Il faut qu’on nous entende !!!